La fête des promotions - Brandi Williams
Brandi Williams

La fête des promotions

La fête des promotions - Brandi Williams

Dans la ville où j’habite, les commerçants organisent une fois par an une fête. Certaines rues sont fermées à la circulation des automobiles, et des promotions sont proposées dans chaque magasin. Un tirage au sort a lieu à la fin de la semaine de réjouissances, et les lots sont très différents d’une année à l’autre. Bien sûr, je viens regarder si je peux acheter de beaux objets à moindres frais. Je suis une fervente adoratrice de tout ce qui comporte un prix barré. J’observe les écarts entre l’ancien montant que j’aurais dû débourser, et celui qui m’était demandé présentement. Je trie, je contemple, j’essaie, dans une joie fiévreuse. Je ne veux surtout pas manquer un bel ensemble peu cher, ou un chandail de laine dont le coût est si bas, que le même en synthétique serait plus onéreux. J’ai d’excellents rapports avec les vendeurs de ma ville, et ils consentent à me montrer certaine pièces qu’ils mettent en promotion avant de les exposer dans leur magasin.

Cécile, la vendeuse de chaussures, connaît mon amour pour les cuirs clairs, les talons carrés et les bottes fourrées. Elle ne manque jamais de me proposer des paires de souliers qui correspondent exactement à mon envie du moment. Lucien, le gérant de la boutique de bijoux fantaisies, m’a souvent étonnée en me montrant des colliers, des bracelets ou des décors pour les cheveux qui sont parfaitement en accord avec mes tenues habituelles. Julien, qui a vécu de nombreuses vies dans des pays lointains, possède une collection de vaisselle, de la tasse à thé en passant par l’argenterie ou encore de magnifiques assiettes à dessert peintes de décors oniriques, et il sélectionne pour moi la porcelaine la plus fine et les couverts les plus originaux.

Comme j’avais demandé une inspection camera sur ma propriété, je laissais les spécialistes à leur travail, tandis que j’allais flâner dans les rues, en quête de jolis vêtements ou de présents pour mes proches. J’étais prête à revenir chez moi avec une garde-robe refaite pour la prochaine saison, voire même pour la suivante. J’avais pris un grand sac, en cuir d’agneau, teint en vert clair. Je pensais qu’il serait assez ample pour contenir tous mes achats. Je revins, en fin d’après-midi, chez moi, avec un nouveau sac que j’avais rempli, tant qu’il débordait. Cela avait été un après-midi éreintant et, pourtant, je ne pus m’empêcher de mettre à laver tous les vêtements que j’avais achetés, puis de les repasser pour pouvoir les porter au plus vite.